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Le Sentier: Surprises au bout du chemin

Pour tout vous dire, si quelqu’un m’avait dit un jour que je marcherais 100 km en 4 jours, je ne l’aurais certainement pas cru. Ne vous méprenez pas! J’ai toujours rêvé de faire du trekking! Faire des randonnées toute une journée, dormir à la belle étoile et continuer le lendemain à toujours fait partie de ma Bucket List. Mais, de là à faire le premier pas, il existait un monde. Alors, le jour où mon amie s’est inscrite au Sentier (parce que l’un de ses collègues lui en faisait les louanges), j’ai sauté sur l’occasion! Je ne m’en sentais franchement pas capable mais arriver au bout de ce périple a vraiment été la première de nombreuses surprises. Alors juste le temps de vérifier que je n’ai rien oublier et laissez-moi vous raconter mon expérience qui, pour moi, restera mémorable.

Qu’est-ce que le Sentier?

Commençons par le commencement! Qu’est-ce que le Sentier me direz-vous? C’est l’ancien chemin empreinté par des pèlerins depuis des milliers d’année reliant Champsecret au Mont-Saint-Michel. En fait, il était déjà suivi par les celtes quand se trouvait juste un menhir, et non le fabuleux monument qui s’y dresse aujourd’hui. On foule donc les pas de milliers de personne à travers les âges. Rien que cette idée est grisante!

C’est une association à but non lucratif qui organise le périple. Des compagnons, habitués du chemin, nous accompagnent et nous montrent le chemin. Deux formules sont proposées:

  • Le pack découverte: On ne paye que l’adhésion et les droits de passage dans les différentes communes. On dort, par contre, à la belle étoile. On emmène sa tente ou on dort à la belle étoile. Pour la douche? Ben il faudra s’en passer!
  • Le pack abri: formule qui propose de dormir en gite avec accès à une douche. Le sac est donc plus léger vu qu’il y a moins de chose à emporter. Il n’y a néanmoins que 10 places disponibles par voyage.

J’ai pris le pack découverte et je ne le regrette pas. C’était ma première expérience « camping ». Le premier soir, le montage de la tente fut un casse-tête très amusant et on prend vite le coup de main. Les soirs suivants cette étape était plus rapide. Et au final, ce n’était pas si inconfortable que je m’y attendais. Je dormais bien et me sentais reposée.

Mon amie a, quant à elle, opté pour l’option pack abri. Cette option apporte quand même un peu plus de confort vu que l’on dort dans un lit et qu’on a accès à une douche. Elle ne regrette pas son choix mais optera très certainement pour l’autre formule lors de son prochain Sentier. On est, en effet, plus proche de la nature et l’on se sent quand même plus proche du groupe. L’absence de douche ne se ressens pas forcement. Après tout, on est tous logé à la même enseigne et personne ne sentais la rose!

La veille du départ

La veille, rendez-vous au quartier général de l’association, vers 20h, au Secret Knight, pour ceux qui le souhaitent. Premier contact timide avec nos compagnons de route. Diner rapide avec nos petits sandwichs fait-maison et direction le tipi où j’avais préalablement monté ma tente pour la première nuit en extérieure. Je ne vous mentirais pas, j’ai cru mourir de froid avec mon duvet 20°+. J’avais même sorti la couverture de survi, en vain! Au matin, le constat est le même pour tout le monde, on a caillé! Le premier miracle du voyage : personne n’est tombé malade. Après cette première nuit, j’appréhendais vraiment les autres nuits mais je vous rassure je n’ai absolument plus eu froid de l’aventure. Donc, au réveil, on range tout et direction le secret Knight pour prendre le petit déjeuner avant le grand départ.

Premier jour: Champsecret à Lonlay l’Abbaye

Le ventre plein, rendez-vous devant le Secret Knight pour quelques conseils avant le grand départ. Ajustement des sacs, quelques règles de sécurité et de bon sens et nous voilà fin prêt pour le départ! Sentier nous voilà!

Le premier jour est l’un des plus facile. On parcourt environ 20 km et il y a un dénivelé positif de 219m. C’est le premier contact avec la nature et une mise en condition pour les jours à venir. Quelques arrêts en cours de route notamment au niveau de quelques églises où les pèlerins chantent « le chant du pèlerin » si l’envie leur en prend. On arrive quand même les pieds en compote à Lonlay l’abbaye. Accueil par le maire du village qui nous appose notre premier tampon sur le crédentiel remis par l’association au départ.

Le temps d’installer les tentes, tarp dans le jardin de l’abbaye…, de faire quelques courses (il faut bien diner et manger le lendemain) et direction le bar du village pour se désaltérer. On se retrouve plus tard pour manger tous ensemble autour du feu et ceux ayant pris la viande chez le boucher du village peuvent même la faire griller.

Deuxième jour: Lonlay l’Abbaye à Mortain

Après une bonne nuit de sommeil, on attaque la journée la plus difficile du Sentier. En effet, on parcourt environ 32 km avec un dénivelé positif de 538m. C’est ce jours-là que mes premières ampoules ont décidé de pointer le bout de leur nez. La récompense de cette journée éreintante? Un bon repas chaud et une douche au bout du chemin. Un généreux couple offre son hospitalité en fournissant un diner chaud aux pèlerins ainsi que des couchages et une bonne douche chaude. Le lendemain, il nous a même servi le petit déjeuner et fourni de quoi nous faire des sandwichs.

Ce couple m’a redonné foi en l’humanité et en la générosité que je pensais d’un autre temps. Pour la petite histoire, un jour, après cette deuxième journée éreintante sous la pluie, les pèlerins n’en pouvaient plus. C’est à ce moment-là, que le mari les a vu, leur a offert le gite et accueille les voyageurs depuis.

Troisième jour: Mortain à Isigny-le-Buat

C’est bien reposé que nous reprenons la route le lendemain. Je n’ai pas trouvé cette journée particulièrement éprouvante hormis pour les douleurs au pieds à cause des ampoules. Le terrain est principalement plat. C’est aussi cette journée qui permet le plus de réfléchir. On n’est pas forcement obliger d’attendre le groupe vu que la route est droite et qu’il n’y a pas de tournant. On suit le voie verte. Chacun y va à son rythme. L’ironie c’est que c’est ce jour-là que je me suis blessée au genou!

On arrive le soir à Isigny-le-Buat. On passe la soirée au bar du village et il est possible de prendre des pizzas au food truck pour ceux qui le veulent. Le couchage se fait dans un terrain vague et on ne tarde pas trop à se coucher. En effet, le lever le lendemain va piquer.

Quatrième jour: Isigny-le-Buat au Mont-Saint-Michel

Départ à 7h du matin. Il ne faut pas trainer si on veut pouvoir traverser la baie à pieds. Mais avant ça il ya encore un morceau de voie verte à parcourir et les prés salés à traverser. Mon genou a vraiment pris cher dans les prés salés. Le chemin est très accidenté. Mais au bout, se trouve la baie du Mont-Saint-Michel. Pour la traversée, il faut obligatoirement un guide. Il y a en effet de nombreux sables mouvants. La traversée de la baie est réel plaisir! L’argile fait du bien aux pieds meurtris et notre objectif se trouve droit devant nous. Notre but est à portée de main et ça nous donne des ailes!

A notre entrée dans le Mont, on a ce sentiment d’accomplissement tandis que les touristes curieux nous observent. Après un bon diner et un peu de repos, nous sommes tous reçu par le curé. On parle de nos ressentis et du chemin parcouru. C’est un moment plein d’émotion où la pression retombe et où l’on prend vraiment conscience de ce que l’on peut appeler notre exploit. Les larmes ont coulé, les accolades ont fusé.

Ce que le Sentier m’a apporté

C’est le soir de notre arrivée au Mont-Saint-Michel, que j’ai vraiment compris la dimension humaine qui accompagne le Sentier. Un des marcheurs, qui le faisait pour la troisième fois, m’en avait parler les premiers jours mais à ce moment-là je ne l’avais pas vraiment assimilé. Ces 100 km parcourus ont vraiment créé un sentiment d’accomplissement et de dépassement de soi. Mais il a surtout créé un lien entre nous tous. On en a tous appris sur nous-même et sur nos compagnons de route. J’ai le sentiment d’avoir une nouvelle famille, en quel que sorte. Bien que nos chemins ne se croiseront peut être jamais mais c’est à leur côté que je suis revenue convaincu que l’on peut tous vivre dans un monde tolérant quelque soit nos religions, nos croyances et nos origines ….

J’ai abordé cette aventure comme une simple randonnée mais j’en ressors grandit spirituellement et physiquement. Malgré mon entorse au genou et mes ampoules aux pieds, c’est avec impatience que j’attends de pouvoir entreprendre à nouveau ce voyage! De part sa dimension humaine, le chemin peut être le même, mais les expériences seront toujours différentes, j’en suis intimement persuadée.

Voici un vlog de mon périple:

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